L’ancêtre du disque vinyle est le 78 tours. Celui-ci apparaît au début du 20e siècle. Il s’agit d’un disque mono sillon de 25 ou 30 cm de diamètre, avec en général un morceau par face. Selon sa taille, il peut contenir entre 3 et 5 minutes d’enregistrement. En réalité, il n’était que très rarement enregistré à 78 tours par minute, mais plutôt à des vitesses allant de 66 à 103 tours par minute, qui permettaient d’allonger la durée d’enregistrement, au détriment toutefois de la bande passante. Initialement, il était fabriqué en SHELLAC (une résine d’origine animale secrétée par un insecte), cire, coton et ardoise. Mais la pénurie de résine lors de la deuxième guerre mondiale a forcé les fabricants à utiliser du vinyle (polychlorure de vinyle, ou PVC). Le 78 tours commence à disparaître avec l’apparition du microsillon dans les années 50.

L’arrivée des premières platines « modernes » coïncide avec l’invention du microsillon aux États-Unis, en 1946, par la firme Columbia. Les premiers disques microsillons sont commercialisés en 1948. Ils contenaient des œuvres classiques de Mendelssohn et de Tchaïkovski. Leur supériorité acoustique et technique sur le 78 tours s’impose immédiatement comme un argument commercial. Le vinyle ayant un grain beaucoup plus fin (environ 50 angströms = 5*10-3 μm), il permet de graver des sillons plus étroits et rapprochés. L’utilisation de cette matière synthétique thermoplastique à la place de la cire a considérablement amélioré la qualité de reproduction sonore : réduction du bruit de fond, augmentation de la bande passante, de la dynamique et de la durée d’enregistrement, qui passe de moins de 5 minutes à 30 minutes sur un 33 tours.