Les deux sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui décryptent depuis des décennies les us et coutumes des anciens et nouveaux riches, se sont penchés sur ces gagnants du Loto, devenus millionnaires du jour au lendemain.

Richard et Sandrine (les prénoms ont été changés à leur demande) ont gagné 7 millions d'euros au Loto en 2006. Quatre ans plus tard, leurs enfants ne sont toujours pas au courant. Quand ils ont empoché leur pactole, Sandrine était vendeuse dans un magasin de chaussures et Richard travaillait dans une crèperie. Ils ont expliqué à leurs enfants qu'ils avaient acheté une grande maison avec piscine après avoir vendu le magasin de chaussures et la crèperie. Trop petits pour comprendre, les enfants n'ont pas posé de question. Pour eux, la vie continue presque comme avant. Maman a arrêté de travailler pour s'occuper d'eux et papa a racheté une brasserie. Ils ont découvert les joies du Club Med. Mais l'été dernier, toute la famille est partie dans un gîte 4 étoiles pour les vacances. Pourtant, Richard et Sandrine ont totalement changé de train de vie. Quand ils partent en amoureux, ils n'hésitent plus à descendre au George V, un palace parisien. Ils se sont tous les deux offert une Rolex à 10.000 euros. Et pour les fringues, ils ne comptent plus. «Le premier mois, on a renouvelé notre garde-robe, pour 40.000 euros chacun, raconte Sandrine. Mais on n'achète pas de marques haute couture».

Les deux sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui décryptent depuis des décennies les us et coutumes des anciens et nouveaux riches, se sont penché sur ces gagnants du Loto, devenus millionnaires du jour au lendemain. Pendant deux ans, ils en ont interrogé une trentaine. Le couple à la ville comme à l'université livre son analyse cette semaine dans un opus intitulé «Les millionnaires de la chance» (éditions Payot). Ausculter les riches, c'est leur dada. «Nous avons travaillé vingt ans sur l'argent hérité et les dynasties fortunées, raconte au figaro.fr Michel Pinçon. Contrairement à ce que la rumeur veut bien faire croire, les millionnaires du Loto ont des envies raisonnables. Dans l'ensemble, ce ne sont pas des fambleurs».