Considérant la prostitution comme une réalité sociale qui ne peut être abolie par des lois, l'association Aspasie l'approche sans jugement ni discrimination et appuie les personnes qui l'exercent dans la défense de leurs droits fondamentaux et combat l'exclusion sociale.

Le principe abolitionniste pousse les travailleuses et travailleurs du sexe (TdS) dans la clandestinité et la marginalité, rendant ainsi la vie des personnes prostituées plus précaire, les actions de solidarité plus difficiles à mettre en œuvre, et le travail social et préventif plus délicat et moins efficace. Avec comme corolaire la clandestinité qui fragilise des personnes déjà stigmatisées avec le risque qu’elles deviennent des proies pour des personnes sans scrupule voir des réseaux de prostitution. Avec également comme conséquence un danger accru de contracter le VIH/IST, car travaillant dans des situations de précarité, elles peuvent être confrontées à accepter des prestations à risque et à travailler dans des conditions difficiles d’hygiène. A ce titre, les gouvernements devraient ériger les lois en s’inspirant des droits humains plutôt que des idéologies.

Le réglementarisme que pratique la Suisse permet un plus grand accès à la sécurité via une non-discrimination/protection par la police (les Travailleuses et travailleurs du sexe (TdS) peuvent appeler la police dans le cas où elles sont victimes de violences), une diminution du stigma grâce à la reconnaissance de cette activité de services, la fiscalisation, l’affiliation aux assurances maladies et aux assurances sociales et par là même la naissance d’un sentiment d’inclusion sociale, la possibilité de dénonciation des cas d’abus dans le milieu (notion d’autorégulation, traite des êtres humains)